Singularité · Comprendre

L'Ayurveda et l'éducation des enfants

Un enfant qui n'aime pas le sport n'est pas un enfant en échec : c'est peut-être simplement un enfant Kapha, dont les qualités s'expriment ailleurs. Quels sont les principes de l'Ayurveda sur la façon d'aider les enfants à grandir et à réussir leur vie ?

La psychologie ayurvédique part de l'observation de chaque individu. On peut déjà, à partir des trois doshas et de la dominance d'un ou deux d'entre eux, comprendre qu'un enfant fonctionne différemment d'un autre : son fonctionnement émotionnel, physique, ses intérêts, mais aussi ses difficultés, sont reliés à sa constitution.

Notre système scolaire, qui se reflète aussi dans la vie quotidienne, porte souvent une attente d'uniformité : on essaie de traiter tous les enfants de la même manière, de les amener vers les mêmes objectifs, sans faire d'exceptions ni de discernement. Selon l'Ayurveda, c'est défavorable au développement harmonieux de la personnalité de chacun, avec ses forces, ses talents, ses qualités propres.

Un enfant Kapha, qui aime beaucoup moins bouger, jugé en permanence en sport à l'école, développe une frustration, un complexe par rapport à sa capacité sportive. Et l'on ne valorise pas assez souvent les qualités moins visibles qu'apportent les enfants qui ne sont pas de grands sportifs : la patience, la gentillesse, la simplicité. Les enfants Rajas, de leur côté, sont parfois critiqués parce qu'ils sont toujours en train de faire quelque chose, sans que leurs réussites soient vraiment reconnues, comme si cela allait de soi. Et les enfants Vata sont souvent critiqués parce qu'ils rêvent trop, qu'ils ne tiennent pas en place.

L'esprit de l'Ayurveda invite plutôt à regarder chaque enfant, à s'appuyer sur ses forces et ses potentialités, à les reconnaître, à valoriser la singularité de chacun, et à lui donner l'espace pour la faire grandir.

Quel cadre est le plus aidant pour permettre à un enfant de s'épanouir dans ses potentialités ? Il s'agit plutôt de soutenir la Prakriti de l'enfant, de comprendre les talents et la nature propres à chacun, et de le confirmer dans sa personnalité, plutôt que d'essayer de le domestiquer. Ce même regard, appliqué à soi-même, est déjà le début de la singularité assumée.

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