Dharma, Artha, Kama : les Trivargas
Trois mots sanskrits reviennent souvent dans les textes anciens pour décrire une vie équilibrée : Dharma, Artha, Kama. Quelle est l'idée générale de ces Trivargas, ces trois piliers qui permettent d'avoir une vie épanouie ?
Dans la psychologie ayurvédique, les médecins observent, dans la vie de chaque personne, si ces trois piliers sont bien présents : le Dharma, l'Artha et le Kama. Ce sont trois qualités qui correspondent aux ingrédients d'une vie heureuse.
Le Dharma, c'est le chemin de chacun, fondé sur la vérité, relié à une harmonie, une interconnexion avec les règles universelles. C'est ce qui permet de clarifier sa place, ce qui détermine notre place, comment on se relie, se connecte à sa nature profonde, comment on s'aligne avec la vie et ce qui nous anime.
Le Kama, c'est ce besoin de se sentir vivant, en lien avec ce qu'on aime faire. C'est ce qui nous anime, ce qu'on fait avec plaisir, ce qui nous donne de la joie, et cela évolue avec le temps : on n'a pas les mêmes envies enfant, adolescent, adulte, ou plus tard dans la vie.
L'Artha, enfin, c'est notre sécurité matérielle : comment rendre les choses possibles de façon viable, comment développer et assurer une prospérité matérielle, une sécurité au sens large. L'argent n'est pas vu négativement, mais plutôt comme la base d'une bonne existence. C'est ce qui permet, une fois la prospérité acquise, de faire preuve de solidarité, de gratitude face à tout ce que la vie nous offre, et de prendre conscience de la grande prospérité dont on bénéficie déjà, à partir du moment où l'on reste ouvert à la vie plutôt qu'attaché au désir d'avoir davantage. Quand on désire des choses, on se place en état de manque, et donc hors de l'abondance.
Travailler sur ces trois dimensions permet de développer une vie heureuse. C'est un chemin qui se travaille, qui se développe dans la durée, et les trois piliers s'équilibrent l'un l'autre : un Dharma sans Artha reste un idéal sans les moyens de se réaliser ; un Artha sans Kama devient une réussite sans joie ; un Kama sans Dharma s'épuise vite en plaisirs sans direction. Pour une personne en reconversion, ou qui souhaite faire évoluer sa carrière, il peut être particulièrement utile de réfléchir à ces trois piliers ensemble, plutôt qu'un seul à la fois.