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Les grands principes de l'alimentation ayurvédique

Manger est un acte important. Quels sont les grands principes de l'alimentation ayurvédique ?

L'Ayurveda propose, pour guérir, des diététiques précises adaptées à Vata, Pitta ou Kapha, mais elles ne sont pas toujours faciles à suivre : elles demandent une forte motivation, souvent réservée aux moments où l'on est vraiment malade ou accompagné dans une cure. En revanche, suivre les règles générales est déjà un excellent point de départ, et déjà très efficace pour rester en bonne santé et prévenir la maladie. Ce sont des règles que l'on retrouve dans presque toutes les cultures traditionnelles restées saines, avant que l'industrialisation ne vienne les bousculer. L'une des grandes règles, par exemple, ne porte pas seulement sur ce que l'on mange, mais aussi sur la façon dont on mange, et le moment où l'on mange.

L'Ayurveda conseille de manger dans la tranquillité, en se détendant, plutôt que dans un environnement excitant ou stressant, comme devant la télévision et les informations. Elle propose aussi de nombreux petits conseils pour le repas lui-même : Vata, par exemple, peut se permettre un peu plus de sel que Kapha. La façon de boire compte aussi : boire la plus grande quantité d'eau entre les repas, et non pour rattraper un manque pendant le repas, où l'on se contente d'un verre ou d'une tisane digestive, en petites gorgées.

Il y a aussi la question des six saveurs, qui correspondent aux cinq éléments et qui rééquilibrent chaque dosha selon sa dominance. Pour Vata, il est très équilibrant de privilégier, dans la dominance d'un repas, les saveurs sucrées et salées. Cela ne veut pas dire renoncer à une alimentation saine : le vinaigre, par exemple, est acide et sain ; on parle ici d'ingrédients naturels, comme le sel non raffiné, les légumes salés riches en sels minéraux, ou les aliments sucrés sains comme les carottes, les fruits, ou les bonnes céréales. Vata peut consommer ces saveurs en un peu plus grande quantité que les autres, tout en sachant que chaque repas gagne à porter l'ensemble des six saveurs. Si Vata mange trop astringent ou trop épicé, en revanche, cela n'est pas idéal : cela tend à augmenter le dosha plutôt qu'à l'apaiser. Dans un repas ordinaire, les six saveurs, réunies, activent la digestion et la sécrétion des enzymes de chaque organe digestif.

Il y a enfin la question de manger local, d'adapter les grands principes ayurvédiques à son propre territoire plutôt que d'importer un régime venu d'ailleurs. Notre environnement est directement lié à nous-mêmes : nous sommes exposés au même climat que ce qui pousse autour de nous. Si nos ancêtres vivaient sur un même territoire depuis longtemps, ils avaient l'habitude de manger certains aliments, une habitude qui se retrouve parfois jusque dans notre ADN, capable de mieux digérer certaines choses propres à une région. Au-delà des considérations écologiques sur les transports, manger la nourriture de son environnement est favorable parce qu'elle suit le même cycle biologique saisonnier que nous : les légumes d'hiver apportent une chaleur qui nous convient en hiver ; les fruits et légumes d'été, exposés au même climat que nous, soutiennent notre digestion en cette saison. Manger juste, en somme, c'est toujours manger en lien : avec sa constitution, avec la saison, avec le lieu où l'on vit.

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